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> contact |
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ARCHE 18 |
> bio Née le 02 mai 1964 à Paris |
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> expositions
| personnelles | |
2008 |
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| collectives | |
2007 |
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> collections
Ville de Tarbes
Fondation Daniel et Florence Guerlain.
Fondation Colas.
Domaine de Viaud Libourne
> publications
Conversation avec Anne Vignal par Vanessa Wong
catalogue monographique Galerie Kwai Fung Hin
Symposium à la Galerie Hoam
préface de Françoise Monin
Energies solaires
catalogue monographique Centre Culturel Français Galerie Esma
Alger Si la porte s’ouvre texte de Aldo Herlaut, Anne Vignal les couleurs du temps
Texte de Nadira Laggoune-Aklouche Variations sur l’orient d’Anne Vignal
Texte de Frederic Worms
10 saisons Galerie du Haut Pavé Préface de Olivier Delavallade
Le corps retrouvé texte de Marc Cépon Ingresque texte d’Emmanuel Daydé,
Préface de Vanessa Wong catalogue monographique Galerie Kwai Fung Hin Hong Kong
Anne Vignal
> travail
Rebelle à tout enseignement académique, aux règles et
aux contraintes de toute institution, à toutes les formes d’autorité et
de commandement qui prétendent l’encadrer, Anne fit de son apprentissage
du métier de peindre un mouvement de percée hors de ce monde.
C’est ce mouvement que rien jamais ne vint interrompre, cette trouée
obstinée qui conduit aujourd’hui, après tant de détours,
le tracé qui incise les couleurs à se réapproprier les
contours du corps — d’un corps féminin, ouvert, généreux, à mille
lieux de tout repli et de toute prostration, disponible pour une étreinte
consentie que le dessin finit par retrouver. Les tableaux, alors, se font doublement
mémoire : celle d’une histoire singulière d’abord — l’histoire
d’un corps qui, au-delà des blessures les plus intimes, à rebours
de toute violence et de toute contrainte, découvre la joie de son abandon
et de son offrande — ; celle de la peinture elle-même ensuite,
de la longue geste de sa fascination pour le mouvement des bras et des jambes,
les hanches, la poitrine, le ventre des femmes, les lèvres, les yeux,
la forme de leur visage comme objet de désir. Sur la grande table, au
centre de l’atelier, quelques livres attestent la visitation de cet envoûtement
qui traverse le temps : la statuaire grecque, Rodin, Modigliani, Cyd Twombly.
L’essentiel ici est la quête mémorielle d’une essence
intemporelle : réinscrire sur la toile le risque de l’étreinte,
l’audace avec laquelle les peintres, les sculpteurs ont, depuis toujours,
osé consacrer la fusion des corps — le baiser.
Mais rien n’est simple. L’énergie fusionelle qui les unit
demande l’épure, le désir ne se maintient que dans son évanescence
et son effacement — et ce sont eux qui demandent à être
saisis. Tout reste fragile, improbable, incertain. Le miracle de la fusion
ne tient qu’à l’équilibre entre la chaleur des couleurs,
l’énergie qu’elles dégagent et la discrétion
du trait. Les corps, s’il en est, ne sauraient être appelés, évoqués
et invoqués qu’avec la plus extrême économie de moyens.
A même un fond qu’il ne cesse de travailler et qui se transforme à mesure
qu’il apparaît, leur tracé exige une infinie retenue. Lorsque
Anne se risque à en dévoiler la technique, elle exhibe, avec
malice, une seringue remplie de peinture. L’aiguille n’est pas
anodine : elle fait des corps qui strient, qui raient, qui griffent, qui
déchirent ou qui lacèrent le fond un tatouage à même
la peinture. Les traits des formes corporelles entrelacées, fusionnelles
tatouent les couleurs avec une rage salutaire — elles les marquent à vie,
comme s’il s’agissait d’en empreindre à jamais, d’en
rappeler la vérité : leur pouvoir libérateur, à rebours
de toute confiscation, de toute exploitation, de tout enlaidissement .
Marc Crépon
Extrait du texte « Le corps retrouvé » Catalogue
monographique
Galerie Kwai fung Hin